There Will be Blood : critique

There Will Be Blood

Ce qui suit est ma critique du film There Will be Blood.

Je l’avoue tout de suite, ce film est un des films qui m’a le plus marqué, cloué, assommé.

Donc comme je pense que peu d’entre vous ont vu ce film, mon objectif ici est de vous donner envie de le voir et également de partager avec vous ma passion pour ce film. Si vous l’avez-vu, n’hésitez pas à en parler.

Je vais essayer de ne pas gâcher l’intrigue :)

Si ça vous intéresse, cliquez !

Petit résumé de l’intrigue pour commencer

19ème siècle, Daniel Plainview (Daniel Day Lewis) se lance dans l’industrie pétrolière, un métier dangereux mais qui promet un énorme profit. Au fil des années, il construira son empire et entretiendra une communauté riche et prospère. Son statut attirera la convoitise de nombreux hommes, dont l’un d’eux, Eli Sunday (Paul Dano), prédicateur de l’église de la « troisième révélation ». On suit le destin de Daniel plainview mais également celui de son fils, H.W. Plainview.

Ça c’est fait

Je ne connaissais pas le réalisateur, Paul thomas Anderson, avant ce film. Je n’ai vu de lui, qu’un autre film, Boogie Nights, amusant dans le genre, mais Anderson ne semblait pas encore avoir trouvé « sa patte » et jouait surtout le Scorcese. Réalisateur que j’adore également soit dit en passant.

Ici, Paul Thomas Anderson s’affirme tellement que ça fait peur. Il affiche une maitrise parfaite de tous les éléments cinématographiques, je dis bien TOUS.

  • Houla ! tu t’emporte encore !
  • oui mais j’ai le droit, c’est qu’un point de vue
  • Oh pardon, je suis vraiment trop bête, j’écoute ta tête.

Premier coup de génie : bien s’entourer.

En effet Paul thomas Anderson peut être un homme heureux, fan de Radiohead, il a pu engager Jonny Greenwood pour s’occuper de la B.O (et quelle B.O !) et de Daniel Day Lewis, incontestablement l’un des plus grands acteurs qui soit.

On commence par l’histoire ?

Oui.

L’histoire est une adaptation libre d’un roman : Oil! 1927. C’est cool les livres, y a pleins de pages. Mais moi j’préfère les films, crachez-moi dessus vils intellos bookophiles mais je consièdre le cinéma comme un art supérieur au roman, comme une sorte d’avancée technologique du récit HA ! HA ! j’adore me faire des ennemis de l’intellect.

Anyway

C’est donc une belle histoire qu’on a là, un truc qui prend aux tripes. Mais une bonne histoire, si elle est mal racontée, ne vous fera aucun effet. Là, c’est excellemment bien raconté bien sûr.

P.T. Anderson a choisi de faire dans le minimalisme, ainsi, les émotions les plus fortes, les idées les plus vives en ressortes dans leur forme la plus pure, comme le pétrole brut jaillissant du sol.

Un minimalisme poussé à son paroxysme dans les 15 premières minutes du film : aucun mot. Pas une réplique. Seulement le réalisme brutal des métiers du pétrole, sale et impardonnable. Ça a presque une odeur.

A souligner dans cette séquence d’introduction un plan que je trouve absolument génial qui relève de la magie noir. Noir comme le pétrole, oui.

Ce plan c’est un bébé qui pleure : le futur fils adoptif de Daniel Plainview. Ce dernier ne lui dit rien, il ne lui avoue pas que son vrai père vient de mourir dans le puit, et pourtant le bébé se met à pleurer, comme s’il comprenait. Un bébé qui pleure c’est courant, mais là, on a vraiment l’impression qu’il a capté le gamin. Soit ce morveux est un excellent acteur, soit P.T. Anderson a géré comme un malade. Au vu du reste du film, je penche pour la deuxième solution.

P.T. Anderson SAIT diriger les acteurs, même au berceau.

Pour ce qui est de la photographie du film, c’est beau tout simplement. Simple, immense, panoramique et très crédible.

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Puis vient l’histoire, la vraie, la tragique. Faite d’évènements dramatiques, de coups du Destin, de vengeance, de colère, d’envie, d’orgueil et d’ambition. C’est tout ça.

Le titre dit tout : There Will be Blood. Mais ce titre est aussi un phrase tirée de la Bible et dit donc aussi qu’il y a une portée symbolique à tout ça.

Oui, les personnages sont hautement symboliques.

Daniel Plainview, tout puissant dans son empire, devient riche en tirant du sol ce qu’il y a de plus noir. Il regarde vers le bas, les ténèbres. Comme si le mal qui rongera les hommes venait du tréfond de la terre, de l’enfer souterrain : la soif de richesse est maléfique. De ce fait, Daniel incarne une sorte de Dieu sur terre, mais un dieu mégalomane et misanthrope. Son statut de Dieu est aussi un statut de père, père d’un garçon et d’une nation, avec tout ce que cela implique : responsabilité, fierté. Et lorsqu’il se trouvera pour la première fois incapable de prendre soin de son fils victime du destin, alors il préfèrera son empire d’or noir à l’amour paternel. Ça vous fait pas pleurer ?

Mais tout homme puissant a ses ennemis, ici principalement incarné par Eli Sunday, un fanatique religieux qui n’a qu’une seule envie, tirer un profit pécunier de l’affaire. Mais attention, lui il veut utiliser l’argent pour louer Dieu, le vrai, celui du ciel. Malheureusement, Eli n’est pas forcément meilleur que Daniel. Le combat du bien et du mal devient moins évident. Tout le monde est mauvais ? Mmm…pas forcément, ceux qui veulent s’enrichir surtout.

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Y a même Abel et Caïn qui se glissent dans tout ça via un frère qui réapparait ou dans le frêre jumeau de Eli. Ça va loin, y a toujours plus de symboles.

Certes dans le fond c’est biblique. Mais c’est teinté de pessimisme et de misanthropie, ce qui rend le tout plus stylisé qu’un simple conte philosophique et moralisateur.

Au final qui est gagnant ? Ceux qui auront eu de la chance, car quoi que ces êtres fassent, c’est le destin fatal qui décidera à la fin. Et le destin n’épargne pas grand monde ici. C’est un film profondément athée, qui ramène les forces destructrices et constructives à l’humain. L’homme est responsable de tout ce qui lui arrive.

La musique

Elle mérite bien un paragraphe.

Dissonante. Voilà ce qu’elle est. Hypnotisante, et entêtante. Brute dans sa simplicité. Elle vous mettra mal à l’aise et vous fera craindre le pire. Le pire arrivera et là elle vous entrainera dans un tourbillon rythmique au crescendo explosif !

On entend ici des violons principalement, l’instrument parfait pour cette ambiance grinçante et toujours très sombre.

Jonny Greenwood nous offre une B.O simple et puissante qui illustre et complète parfaitement le sens et la forme du film. Trop puissant !

Daniel Day lewis

Oui, lui aussi il mérite un paragraphe, c’est le moins que je puisse faire pour cet acteur magnifique !

Vous le connaissez peut-être pour son rôle dans Gangs Of New York, le boucher c’est lui. Une interprétation génial, à la violence délicieuse, à la folie unique et à l’allure tellement marquante. Ses autres rôles sont tous aussi géniaux les uns que les autres. Lewis ne rate jamais.

C’est donc en toute logique que Daniel Day Lewis marque encore les esprits ici. Il a opéré une transformation physique comme à son habitude. Lewis est spécialiste de ça, il change de film en film.

Ici, Lewis change de voix, une voix rauque, grave et chantante à la fois. Il donne à son personnage une personnalité forte, pleine de persévérance et de courbettes machiavéliques, car Daniel Plainview sait convaincre, mais il sait surtout forcer la main si vous vous opposez à lui.

« I have a competition in me, I want no one else to succed. I hate most people »

Tout est dit, et tellement bien dit. Bon ça me plait beaucoup à moi parce que…fin parce que…ben parce que je parle un peu comme ça parfois. Juste parfois.

Daniel Day lewis sait rendre la folie. Ça on le sait. Et là il se fait un plaisir de nous le redire, et franchement, on adore. Parce que ça se voit, Daniel Plainview évolue, son cas s’aggrave, ses défauts s’accentuent : il lutte contre le destin destin qui l’empêche d’accomplir ses ambitions immenses, mais cette lutte a un prix, la folie. Une folie que Day Lewis exprime à sa façon, bien à lui, unique en son genre.

Les fous c’est bon et quand c’est Day Lewis qui joue le taré, c’est encore meilleur !

« I Drink Your milkshake ! » CULTE !

Conclusion (il était temps !)

J’adore. (Oh ?)

Parce qu’il y a dans ce films tous les ingrédients d’un film culte et immortel. C’est un film maitrisé sur tous les points, narration, mise en scène, jeu d’acteur, direction d’acteur, musique…

J’aime les films qui arrivent à dire beaucoup simplement. Et There Will Be blood est un de ces films.

Certes, je peux imaginer que certains s’ennuieront, car le rythme est lent, différent, inhabituel. Moi je ne m’ennuie jamais, à aucun moment. Selon moi, rien n’est superflu.

Une œuvre unique à la portée symbolique j’aime ça.

Chef d’oeuvre vous dis-je ! Chef d’oeuvre !

Ce film n’est pas assez mis en valeur, je me devais de le défendre.

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  • Liràne
    ( C'est parti pour un 3615 my life déguisé en critique et avis culturelo-culturel . )

    J'en ai encore une énorme mal de crâne depuis que j'ai regardé ça ( entre hier et aujourd'hui ) sur canal . La musique, stridente, m'est rentrée dans le crâne, vraiment, j'ai du trouver LE moment pour m'eclipser chercher un advil et a manger tellement j'avais peur de louper le moment clef . Et pour cause , il n'y a quasiment que des moments clef .
    Tout ça pour dire qu'au final , j'ai aimé . Je me suis accrochée comme pas possible pour ne pas décrocher, parce qu'il faut être attentif, aux aguets pour capter les personnages , il faut aussi se souvenir de ce qui s'est passé avant . On hésite toujours entre se demander ce qui s'est passé avant et ce qui se passera après . Bien qu'au bout d'un certain temps , on peut deviner .
    Y'a quelques plans bizarres, des trucs qui ne servent a rien, si bien que je me suis surprise a penser " Tiens, il est joli cet incendie ! " . Inconcevable et génial. Et ce plan ou le ciel se replete dans un lac ( ou une flaque ) ou un tuyau abouti, ou l'on ne sait pas vraiment si c'est un reflet ou pas , justement, par une effet d'optique étrange ... sidérant ( ça donne envie de se remettre au dessin , c'est pour dire ) .
    Et la scène finale , la scène finale ! Le cadeau absolu . Le bonheur d'avoir attendu pour arriver LA , de savoir pourquoi on en est LA et d'aimer ce qu'on voit LA ( et de savoir qu'on a pas dilapidé un paquet de cookie pour rien , parce que les cookies c'est important hein ^^ ) .

    Donc voila , bref , bon ... I like There Will Be Blood .
  • Agentrois
    J'ai trouvé ce film ennuyeux à mourir... A la fin je me sentais comme après 3h de math non-stop...
    Excusez-moi pour ceux qui ont adorés mais moi je l'ai trouvé lourd... Incroyable...

    Approfondissons :

    -1- Je ne supporte pas sa musique. La musique, je l'ai trouvée horrible, elle ressemblait à certains moment à la sirène de la caserne des pompiers d'à côté de chez moi.

    -2- Je l'ai trouvé long à mourir. Pourtant, moi qui ai adoré la version long du seigneur des anneaux qui durent vers les 4h (je suis pas sur), je ne supporte pas les 2h35 de ce film... Le scénario est... inintéressant...

    -3- Le jeu d'acteur est néanmoins impeccable... Rien à redire. Tous les personnage sont biens dans leurs rôles.. Et je ne parlerai même pas de la réalisation qui est parfaite.

    Voilà donc, selon moi les points forts et les points faible du film :
    Pts forts :
    - Les acteurs
    - La réalisation

    Pts faibles ;
    - La musique, que je trouve déplacée par rapport au film
    - Le scénario

    Résultat : J'ai pas aimé du tout...

    Mais comme tu l'as dis, certains le trouveront ennuyeux...
    Et à la fin je n'en pouvais plus...

    Voilà... Après 2h35 de There Will Be Blood, un film que je ne reregarderai surement pas.

    Désolé.
  • C'est marrant je voulais justement le revoir au plus vite ce film, je l'avais adoré la 1ère fois. Je l'ai pas vu au ciné, mais il m'a mis une telle claque ! J'ai jamais vu une descente aux enfers si bien montée, on sent dans le jeu d'acteur toute la folie du personnage et ça donne des frissons, pour moi l'acteur est aussi bon qu'Heath Ledger dans Batman, vraiment 2 rôles très impressionnants et durs à porter. L'histoire est également très touchante, je trouve que le travail infernal des puits de pétrole et la course à la richesse est très bien rendue.

    J'adore. Autant que No Country for Old Men, autant que Batman - The Dark Knight, autant que Je Suis Une Légende.
  • Mion
    Hé béh, tu en as beaucoup dit... je n'ai plus grand chose à rajouter. J'ai vu "There Will Be Blood" à sa sortie en bluray et comme toi, ça m'a fait l'impression d'une grosse claque : on sent la maîtrise du "director" de bout en bout. La musique m'avait comme toi particulièrement marquée. Mais j'ai surtout été scotchée encore une fois par le jeu génial de Day-Lewis (et de Paul Dano!). La scène dans laquelle Daniel avoue sa misanthropie à son "frère" est glaçante, formidable. J'ai également adoré la scène finale de "cabotinage". Le plus génial à mes yeux a été le conflit brûlant entre Daniel et Eli : mes deux scènes préférées restent l'humiliation d'Eli (quand Daniel le traîne dans la boue au sens littéral du terme) et sa vengeance un peu plus tard lorsqu'il oblige Daniel à avouer en hurlant l'abandon de son fils. L'abandon du fils m'avait aussi choquée (aaaahh, la scène du train!!). Enfin, je l'ai revu de nombreuses fois et j'en garde un souvenir très précis. Un très grand film.
    Si je peux te conseiller un peu, je suis aussi une fan de cinéma (mais j'aime aussi les bouquins ;) ) : regarde "The Ballad of Jack and Rose". Tu y reverras le duo Daniel Day - Lewis-Paul Dano. En plus de ça ils vont encore s'affronter (youpi!). C'est un film sur les relations ambiguës entre un homme et sa fille. C'est un film moyen mais les acteurs sont formidables. Enfin, je te laisse te renseigner.
    "Gangs of New York" est génial aussi! Bon sang, le Boucher, quel charisme!
    Si tu aimes Day-Lewis, il y a aussi "Au Nom du Père" qui est très bien. Dans ce film, il joue le rôle d'un jeune irlandais rebelle qui se retrouver accusé à tort dans une affaire de terrorisme. Il sera enfermé en prison pendant 15 ans avec son père.
    Et en 2008 sortait certes "There Will Be Blood" et "No Country for Old Men" mais également un très beau film qui est passé beaucoup plus inaperçu (mais qui a tout de même eu des récompenses) : "L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford". Celui là, je te le conseille vivement! On y retrouve Brad Pitt dans le rôle de Jesse James (son meilleur rôle jusqu'à présent) et Casey Affleck (nominé aux oscars) dans le rôle de son assassin Bob Ford. Tu vas me dire : "mais à quoi ça sert de voir un film si on connaît déjà la fin?" Et je te réponds : "mais tout l'intérêt est là! Ne t'es tu jamais demandé comment le tireur le plus rapide de l'Ouest, l'homme poursuivi par les polices de 10 états s'était fait abattre chez lui devant ses enfants alors même qu'il se méfiait de Bob Ford? On assiste donc à la relation étrange et poignante qui s'est instaurée entre un Héros désabusé, mélancolique, brutal et suicidaire (ça casse l'image polissée et sympathique de Jesse James) qui ne supporte plus le poids de sa propre Légende, et un gamin complètement admiratif (au point que ça devient ambigu...) et atrocement jaloux, qui déçu de ce qu'est le vrai Jesse, va commencer à entrevoir qu'il pourrait devenir "L'Homme qui tua Jesse James". Le film a un rythme lent, il s'agit d'un western mélancolique. La musique est magnifique, planante, nostalgique; la photographie superbe, les acteurs sensationnels. Pour moi, c'est un chef d'oeuvre!
    Au plaisir, Mion
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